Benoît Magand - "Quand on parle de valeur, la première est de ne plus être spectateur de sa vie, mais acteur."
Les Insubmersibles
Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre société et votre activité ?
Benoît Magand, je suis le co-fondateur de la Compagnie des Déboucheurs. Je suis un « vieil » entrepreneur maintenant du haut de mes 42 ans, car l’année prochaine, cela fera 20 ans que je me suis mis à mon compte. Je suis un passionné de tout : de la vie, de l’entrepreneuriat, du sport automobile, de l’optimisme...
Aujourd’hui, je m’épanouis au sein de mon activité dont la vitrine est la Compagnie des Déboucheurs, que nous avons créé avec mon amis Grégory Bonhomme, il y a 10 ans. J’ai la chance de pouvoir promouvoir plusieurs marques. Il y a d’abord celle-ci, qui est aujourd’hui le leader en France du débouchage de canalisations en urgence, avec 109 agences et plus de 170 000 interventions réalisées l’année dernière. Derrière, j’ai une marque « fille », la Compagnie des Chemiseurs, pour la réparation des canalisations ; on ouvre d’ailleurs une troisième agence à Grenoble, après Saint-Étienne et Lyon. Et enfin, Les Perchistes, spécialisés dans le nettoyage à l’eau pure, à la vapeur et sur perche, où nous avons ouvert nos trois premières agences à Saint-Étienne, Paris et Narbonne.
Pour faire un topo sur la Compagnie des Déboucheurs, c’est parti d’une idée simple en 2016 : quand on avait un WC bouché, on ne savait pas à quelle sauce on allait se faire manger. Issu d’une franchise dans le pneumatique automobile, j’ai appliqué leurs méthodes à l’assainissement : pas de mauvaise surprise, des tarifs affichés, pas de frais de déplacement, pas de majoration soir et week-end. On a misé sur un marketing et une identité de marque assez prononcés, avec une approche un peu « sexy ». On a été vraiment disruptifs par rapport à un marché de l’assainissement qui était un peu terne à l’époque.


Comment est-ce que la notion de valeur, là où on ne la voit pas forcément dans un métier qui peut sembler pas super attrayant, se retranscrit dans la vision que vous avez de cette entreprise et de ce groupement ?
Déjà, ce qui me plaît, c’est d’avoir en face de moi des personnes qui ont envie de se prendre en main. Quand on parle de valeur, c’est la première : ne plus être spectateur de sa vie, mais acteur.
Une autre chose importante, c'est de ne plus être un numéro. Aujourd’hui, l’identité et la personnalité se diluent souvent dans les jobs qu’on peut avoir (attention, je ne fais pas de généralité, beaucoup s’éclatent dans leur travail et c’est tant mieux). Mais ici, l’idée est de retrouver du contact avec le client, du contact avec soi-même, et de se dire qu’on peut être à l’initiative d’un événement ou d’une action commerciale.
Ce qui a motivé pas mal de vocations chez nous, c’est que nous nous sommes toujours positionnés à la place de nos franchisés, de nos salariés, des salariés de nos franchisés et de nos clients. Le fait que les gens comprennent qu’ils ont une oreille attentive, qu’on est à l’écoute de leurs besoins... Pour moi, ce sont les fondamentaux quand on parle de valeurs.
Si vous aviez la capacité d'importer en France des méthodes que vous avez vues à l'étranger, dans des périmètres comparables aux vôtres, quels seraient-ils et qu'est-ce que ça pourrait changer, selon vous ?
Aujourd’hui, j’ai parcouru pas mal de territoires : les États-Unis, le Canada, l’Angleterre, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne... On a beaucoup bougé pour faire des audits de marché. Sans prétention aucune, à part Roto-Rooter aux États-Unis qui a un modèle différent. C’est l’inventeur d’une machine qui a ensuite créé une franchise et qui est aujourd’hui le leader mondial en volume avec environ 400 agences. Je n’ai pas trouvé de comparatif ou de choses spécifiques à récupérer. Bien sûr, on s’inspire tout le temps, mais de là à vous dire qu’il y a quelque chose qui m’inspire énormément actuellement ailleurs, non. Mais je suis sûr que quelqu’un illuminera mon esprit un jour ou l’autre !
En quoi selon vous le futur est-il prometteur ?
Alors, on a déjà le spectre de l’IA (intelligence artificielle). Cela inquiète beaucoup de métiers, et je pense qu’il y a matière à s’inquiéter. Encore une fois, il ne faut pas forcément avoir peur, mais se dire qu’on arrive à une époque de sa carrière où il va falloir s’adapter. Nous allons devoir intégrer des outils améliorés par l’IA.
Néanmoins, notre cœur de métier, c’est d’être sur le terrain, d’être auprès des clients, de les rassurer et de comprendre ce qui se passe techniquement sur une infrastructure immobilière. Pour cela, la technologie n’est pas encore prête à nous remplacer. Nous sommes donc un peu épargnés par l’IA dans notre exécution pure.
Pour moi, beaucoup de professions qui ont un rapport avec l’artisanat vont être tirées vers le haut. D'autres métiers, plus axés sur la création ou l’impression, vont voir certaines portes se fermer. Les gens devront alors trouver d'autres échappatoires, et ils se retrouveront sûrement dans des métiers de service où, comme je le disais, ils seront face à des clients qui ont un besoin. En leur rendant service, ils retrouveront du sens à ce qu’ils font. L’artisanat et le métier de service, pour moi, c’est l’avenir.
Vous pouvez retrouver Benoît Magand et ses actualités sur LinkedIn.
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