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David Leroueil - "L’énergie n’est pas un sujet dogmatique, c’est un sujet stratégique"

Les Insubmersibles

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre société et votre activité ?

David Leroueil, dirigeant d’entreprise depuis une dizaine d’années et cofondateur d’Énergies de Loire.

Ce qui m’anime depuis le début est assez simple : redonner du sens et du contrôle à la façon dont nous produisons notre énergie.

Notre mission : produire une énergie locale, au bon moment, au bon endroit et au bon prix.

Concrètement, nous développons, finançons, construisons et exploitons des centrales photovoltaïques sur des sites déjà artificialisés — bâtiments, parkings, friches.

L’idée est simple : utiliser ce qui existe déjà pour éviter d’artificialiser davantage… tout en produisant localement.

Aujourd’hui, nous allons plus loin : nous intégrons le stockage et la mobilité électrique pour construire des systèmes énergétiques souverains, territoriaux, cohérents et durables.

Les sujets réglementaires autour de l'énergie ont beaucoup évolué ces dernières années. Si vous aviez un message à faire passer aux responsables politiques actuels, quelle que soit leur échelle (locale, régionale, nationale, etc), que serait-il ?

Ces dernières années, la filière a vécu au rythme des ajustements réglementaires et des incertitudes politiques. L’énergie n’est pas un sujet dogmatique, c’est un sujet stratégique, comme l’alimentation, la santé, la sécurité... et sur ces sujets-là, on ne peut pas naviguer à vue.

Le contexte géopolitique actuel nous le rappelle brutalement : dépendre des autres pour produire notre énergie nous fragilise. Soyons clairs : produire une énergie locale, renouvelable et durable sur notre territoire n’est pas un débat, c’est une nécessité. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de nouvelles règles, c’est de stabilité, un cap clair, et surtout, la capacité à s’y tenir dans le temps.

Si vous aviez la capacité d'importer en France des méthodes que vous avez vues à l'étranger, dans des périmètres comparables aux vôtres, quels seraient-ils et qu'est-ce que ça pourrait changer, selon vous ?

Si je devais importer une chose de certains pays, notamment asiatiques, ce serait leur capacité à tenir un cap. Dans les énergies renouvelables ou la mobilité électrique, ils fixent des objectifs clairs… et ils s’y tiennent, Avec des moyens, et dans le temps.

On peut débattre des modèles politiques, bien sûr, mais sur ce point précis, il faut être lucide : ils avancent vite parce qu’ils sont constants.

En France, et plus largement en Europe, nous avons les compétences, les technologies et les acteurs. Ce qui nous manque parfois, c’est cette capacité collective à décider d’une trajectoire, et à ne pas en changer tous les ans.

Sur des sujets de souveraineté énergétique, c’est pourtant indispensable, parce qu’au fond, la vraie différence ne se fait pas sur les idées, mais sur la capacité à les tenir dans la durée.

En quoi, selon vous, le futur est-il prometteur ?

Le futur est prometteur pour une raison simple : nous n’avons jamais eu autant de solutions, jamais.

Oui, les défis sont nombreux : énergie, climat, géopolitique, alimentation. Mais dans le même temps, notre capacité à innover explose, l’intelligence artificielle en est une illustration spectaculaire, qui suscite aussi des débats, des craintes parfois, et c’est sain, et ce n’est que le début.

Aujourd’hui, l’intelligence collective et humaine avance plus vite que les problèmes. C’est ça, la vraie rupture, et c’est pour ça que je suis confiant, parce que pour la première fois, nous avons réellement les moyens de choisir le futur que nous voulons construire.

Vous pouvez retrouver David Leroueil et ses actualités sur LinkedIn.