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Olivier Rozé - "Un dirigeant en phase avec ses valeurs reste un phare"

Les Insubmersibles

Pouvez-vous vous présenter, ainsi que votre société et votre activité ?

Je dirige depuis décembre 2025 une SPL (Société Publique Locale) qui exploite le centre de tri de collecte sélective pour plus de 600 000 habitants du Maine-et-Loire près d’Angers, les fameuses « poubelles jaunes ».

Les matières, une fois triées, sont reprises pour être recyclées. Auparavant, j’ai dirigé différentes sociétés dans des activités très diverses de services (maintenance et travaux) et je trouve particulièrement motivant de mettre mon expérience du privé dans un service public.

Si vous aviez la capacité d'importer en France des méthodes que vous avez vues à l'étranger, dans des périmètres comparables aux vôtres, quels seraient-ils et qu'est-ce que ça pourrait changer, selon vous ?

Je ne suis pas convaincu de devoir « importer » des méthodes de l’étranger. Le management et la direction d’entreprise restent fortement liés à la culture (locale et de l’entreprise). Le « french bashing » et notre habituel « autodénigrement » ont des limites.

Dans mes missions de transition, j’étais, par définition, confronté à des « climats incertains ». Incertains pour l’entreprise, incertains pour les salariés et incertains pour moi qui « débarquais » du jour au lendemain dans une entreprise inconnue. Pourtant, les méthodes restent inchangées : écouter et construire une relation saine sur des valeurs clairement énoncées et respectées, même si je n’étais que « de passage ».

Un dirigeant en phase avec ses valeurs reste un phare dans un climat incertain parce qu’il est cohérent.

Quelle est la décision que vous avez prise par le passé, qui a tout changé dans votre manière de diriger votre entreprise ? Comment cette décision a-t-elle été provoquée ?

J’ai souvenir d’une période qui a probablement été la plus incertaine que j’ai connue : le premier confinement de mars 2020. Chaque jour, il fallait se redemander quoi faire et comment continuer à apporter le service attendu par nos clients.

Je me souviens clairement d’avoir posé une question : « quel type d’entreprise et d’employeur voulons nous être à la sortie de cette crise ? ». Une fois la réponse donnée à cette question, les actions étaient plus faciles à prendre. Même en temps de crise, il faut conserver sa vision et ses valeurs.

De fait, nous sommes ressortis de la crise bien plus forts que nous l’étions avant.

En quoi, selon vous, le futur est-il prometteur ?

Le futur promet…mais pas que des bonnes choses. Néanmoins, seule l’action me permet de rester optimiste.

En l’occurrence, le tri et le recyclage des matières seront au cœur des enjeux des prochaines décennies. L’accès aux matières sera particulièrement compliqué pour nos vieux pays dépourvus de mines (et je ne parle pas que du pétrole, du gaz et des métaux rares…). Nous devrons inévitablement apprendre à recycler faute de pouvoir nous approvisionner à l’extérieur.

Le futur est donc prometteur de challenges surmontables et, de là où je suis, je peux constater que les collectivités et les services publics s’y préparent. Ce qui n’était pas évident pour moi, vu de l’extérieur.

Vous pouvez retrouver Olivier Rozé et ses actualités sur LinkedIn.